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No es fácil saber cómo ha de portarse un hombre para hacerse un mediano lugar en el mundo.
Si uno aparenta talento o instrucción, se adquiere el odio de las gentes, porque le tienen por soberbio, osado y capaz de cosas grandes... Si es uno sincero y humano y fácil de reconciliarse con el que le ha agraviado, le llaman cobarde y pusilánime; si procura elevarse, ambicioso; si se contenta con la medianía, desidioso: si sigue la corriente del mundo, adquiere nota de adulador; si se opone a los delirios de los hombres, sienta plaza de extravagante.
Cartas Marruecas. José Cadalso.

lunes, 10 de septiembre de 2012

Construire, dans la même dynamique, un nouveau projet et une nouvelle force politique de gauche




La revolte des sardinieres, Charles Tillon



 1.- Redécouvrir les sources de la gauche : la lutte pour l’égalité
La droite a toujours été handicapée par l’histoire. Née de son opposition à la Révolution française, la droite a longtemps été obligée de s’inscrire dans le cadre intellectuel de la gauche. Elle n’est essentiellement qu’une contre-pensée, c’est pourquoi elle a avancé masquée. Elle souffre de sa vocation, toujours confirmée dans le passé, de la défense des privilégiés. Comme le disait André Siegfried : « appartient à la coalition de droite tout ce qui s’appuie directement ou indirectement sur l’église et le château ». La droite, c’est le parti des possédants, de l’aristocratie d’hier et de la bourgeoisie d’aujourd’hui. Les possédants : c’est la propriété. C’est une complicité inavouable avec le privilège. On disait – et c’est toujours vrai – que la droite n’avait pas d’idées, elle n’avait que des intérêts.
La droite, dès l’origine, se construit contre la Révolution française, en opposition avec ce qui fonde la République. Pour la droite, « la Révolution est la marque d’une volonté de l’homme de s’affranchir de la loi divine par la ruine de toute autorité » (Joseph de Maistre). Le respect pour l’ordre établi, tenu pour intangible parce que naturel, et la méfiance corrélative envers la volonté humaine de changer le cours des choses constituent le soubassement de la pensée de droite. La société est-elle une production des hommes ou l’œuvre de Dieu ?
Ce n’est donc pas sans raisons très profondes que le rapport à la religion a si longtemps structuré le « peuple de droite ». Les schémas mentaux issus de cette conception verticale et fataliste du monde ont survécu à la baisse de la pratique religieuse. La gauche naissante, s’appuyant sur les Lumières, a développé une philosophie radicalement antagoniste de la vision traditionnelle et religieuse du monde.
Autre handicap historique de la droite : l’évolution politique de la France au XIXe siècle a été marqué par l’échec successif de tous les régimes de droite (Restauration de 1814-1830 ; monarchie de Juillet 1840-1848 ; Second Empire 1851-1870) et par les succès répétés de la gauche. La droite a souvent rasé les murs. C’est le parti des monarchistes, des cléricaux, des pétainistes, des collaborationnistes. Et il n’y aurait plus de clivage droite/gauche ?
On peut toujours discuter pour savoir si le régime de Vichy a été dominé par les héritiers de la droite traditionnelle ou par une nouvelle droite révolutionnaire. Toujours est-il que la collaboration a eu pour effet de laisser une droite très largement déconsidérée à la Libération. Mais tous les résistants, loin de là, n’étaient pas de gauche, ni tous les collaborateurs de droite. Cependant, ce sont bien les élites conservatrices de droite qui se sont massivement compromises dans le régime du maréchal Pétain. Ce n’est pas un hasard si, à la Libération, 85 % des députés et 77 % des sénateurs de droite se trouvaient « éliminés des combats électoraux », la classe politique de droite était décapitée. Les conservateurs qui ont survécu à cette époque ont été contraints de se réfugier dans la formation la moins à gauche de l’époque, le Mouvement républicain populaire (MRP), issu de la mouvance démocrate-chrétienne, pourtant enraciné à gauche. Il va dériver ensuite. A ce propos, la tradition démocrate-chrétienne n’est jamais parvenue, en France, à se forger un courant politique indépendant.
Pendant la phase gaulliste, la droite est à nouveau passé à la trappe, de Gaulle ayant toujours nourri l’ambition de se hisser au-dessus des deux camps, même si personne ne l’a jamais classé à gauche, et que beaucoup l’ont classé à droite. Cependant, le gaullisme s’inscrit dans la tradition de la droite bonapartiste. La droite, qui le haïssait, n’était pas vraiment aux commandes. C’est pourquoi elle a promu Valéry Giscard d’Estaing. C’est probablement à partir du revirement des principaux dirigeants du Parti socialiste, en 1982-1983, que les notions de gauche et de droite ont été remises en cause et leurs différences contestées. C’est ainsi que la raison d’être de la gauche – la lutte pour l’égalité – a été perdue de vue alors qu’elle reste pourtant une valeur universelle.
 a.- Une profonde confusion entretenue autour de la notion de « gauche »
C’est le philosophe Alain qui a peut-être le mieux résumé la situation, témoignant que ce débat n’était pas nouveau : « lorsqu’on me demande si la coupure entre partis de droite et de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche ». Quoiqu’il en soit, la distinction traditionnelle entre droite et gauche n’a jamais été autant contestée que ces dernières années : elle aurait fait son temps ; elle n’aurait plus de sens ; les différences qui méritaient des appellations distinctes se seraient effacées... Il ne s’agirait plus que d’ « épaves idéologiques », nous serions entrés dans une « société d’ambidextres » : la droite et la gauche n’existeraient plus. C’est pourquoi un rappel historique apparaît nécessaire.
 i.- La « fin des idéologies » et la « fin de l’histoire » visaient à délégitimer la gauche
Des interrogations, et même des affirmations péremptoires sur la pertinence du maintien de la distinction droite-gauche, sont apparues au début des années 80 à l’échelle mondiale. Certes, en France, elles sont liées au revirement de François Mitterrand en 1982-1983, alors qu’à l’échelle mondiale elles ont été encouragées et provoquées par la mise en œuvre des politiques néolibérales, et amplifiées par les bouleversements qui ont entrainé la disparition du communisme en Europe de l’Est à partir de l’automne 1989.
Il faut aller au-delà de ces simples constats, et se demander pourquoi il est devenu relativement banal d’entendre dire qu’il n’y avait plus de différences entre droite et gauche.
Une première « explication » s’appuie sur la prétendue « crise » ou « fin » des idéologies. C’est Raymond Aron, condisciple de Jean-Paul Sartre, et « déconstructeur » du marxisme, qui utilise le premier cette expression en 1965 dans Essais sur les libertés. Il veut dénoncer le caractère « totalitaire » des idéologies et partis politiques qui prétendent disposer d’une lecture globale du monde. Il vise évidemment le marxisme, considérant que le libéralisme est « anti-idéologique ». Il ne remet pas en cause le conflit des idées ou le choc des tempéraments et considère qu’il y a toujours eu et qu’il y aura toujours « des opportunistes et des rebelles, des modérés et des violents, des conservateurs qui craignent le changement et des réformateurs qu’indigne l’imperfection du réel ». Il veut marquer son scepticisme à l’égard des systèmes globaux d’interprétation du monde historique au nom desquels un parti se croyait investi d’une mission et voué à la destruction de l’ordre existant et à l’édification d’un ordre radicalement autre. La disparition de la zone soviétique, qui a touché la social-démocratie, a conduit à parler, dans la même lignée, de « fin de l’histoire », puisque plus rien ne venait concurrencer le capitalisme. Les pays communistes, en effet, avaient été présentés comme l’irrésistible avancée de la gauche dans l’histoire.
En réalité, les idéologies sont plus vivantes que jamais. Par exemple, rien n’est plus idéologique que l’affirmation de la « crise des idéologies » ou de la « fin de l’histoire ». Par ailleurs, gauche et droite ne désignent pas simplement que des idéologies, mais renvoient à des programmes opposés sur de nombreux problèmes, à des divergences d’intérêts et d’appréciation sur l’orientation à donner à la société. Ces divergences existent dans chaque société, et on ne voit pas comment elles pourraient disparaître.
Une seconde « explication » porte sur la « mondialisation ». Dans un univers de plus en plus complexe, qui a tendance à se rétrécir sous l’effet des nouvelles technologies de l’information et des la communication, exposé à des risques communs comme le réchauffement climatique, la conscience d’habiter dans un « village planétaire » rendrait obsolète la séparation trop nette entre deux parties opposées. Les problèmes ne pourraient plus être posés en termes d’antithèses, d’alternatives, de conflits, mais de consensus. C’est ce que Margaret Thatcher avait parfaitement bien résumé avec son fameux « There is no alternative ». En réalité, quand nous parlons d’hommes politiques, nous n’avons aucune hésitation à les classer à gauche ou à droite, preuve que la distinction est toujours présente et visible.
 ii.- La gauche est née le vendredi 28 août 1789, sa portée est éternelle
La distinction droite-gauche possède une longue histoire qui va bien au-delà de l’ancienne opposition entre capitalisme et communisme. On l’observe dès 1672 pour désigner les parties d’une assemblée en Angleterre, à propos de la répartition des communes : « à la main droite du Roy et à la main gauche du Roy ».
Cette organisation entre droite et gauche, en France, date de la séance de l’Assemblée constituante du vendredi 28 août 1789. Les Etats généraux, en effet, s’étaient transformés par le processus révolutionnaire, en Assemblée nationale constituante. Le protocole de cette assemblée, issu de l’ancienne monarchie, avait fait siéger du côté droit, réputé le plus honorable, les députés des ordres privilégiés, et du côté gauche les députes du tiers état, qui étaient des roturiers ou des bourgeois (dans le langage religieux, les bons sont assis à la droite du Père et les mauvais à Sa gauche). Ce jour-là, l’Assemblée devait se prononcer sur le veto, c’est-à-dire sur la possibilité offerte au roi d’annuler un vote de l’Assemblée. Les partisans du veto allèrent s’assoir à droite du président ; ceux qui y étaient opposés se regroupèrent à sa gauche. Cette séparation rendait plus facile le calcul des voix dans le vote par assis et levé, qui avait été conservé.
La plupart des représentants des classes privilégiées étaient naturellement en faveur du veto, car il symbolisait la poursuite du pouvoir royal et correspondait au régime politique qui leur convenait le mieux parce qu’il était le moins subversif : le pouvoir continuait à émaner du roi. De manière opposée, la plupart des bourgeois voulaient un autre régime - à l’époque une monarchie constitutionnelle -, plus égalitaire, plus ouverte à l’activité économique, et préféraient donc le pouvoir de l’Assemblée, où ils étaient en force, à celui du roi.
Même si elle revêt une partition spatiale, cette distinction entre droite et gauche avait un contenu de classe dès son origine : à droite, le conservatisme, ou au moins le minimum de changement, bientôt la résistance à la Révolution ; à gauche, le progrès, le changement, bientôt la dynamique de la Révolution.
Au-delà de la fluctuation du contenu du clivage gauche-droite dans la période qui a suivi, il s’est imposé au début du XXe siècle avec l’Affaire Dreyfus. Droite et gauche désigneront les deux France qui s’affrontent passionnément sur des questions essentielles : la vérité, la justice, la religion, la nation, la République, la révolution… Après la victoire, en 1902, du « Bloc des gauches », et en 1924 du « Cartel des gauches », le rôle de repère de ces deux expressions est définitivement adopté.
 b.- La lutte pour l’égalité est l’étoile polaire de la gauche
Si on cherche à qualifier ce qu’il y a de plus essentiel entre la droite et la gauche, ce qui caractérise la gauche avec le plus de pertinence et qui lui donne sa raison d’être, au-delà de ses différentes sensibilités, car il existe en réalité des gauches et non une gauche, comme il existe des droites et non une droite, on trouvera la lutte pour l’égalité. Non pas seulement la lutte contre les inégalités, mais à proprement parler la lutte pour l’égalité.
De nombreuses définitions de la gauche et de ses différences avec la droite circulent. Elles sont pertinentes, la plupart du temps, mais découlent néanmoins toutes d’une valeur suprême : l’égalité. Même la liberté ne peut être placée en équivalence avec l’égalité.
 i.- L’égalité demeure l’idéal ultime de la gauche
Pour caractériser ce qu’il y a de plus fondamental dans la gauche, plusieurs valeurs sont souvent avancées :
Le trait caractéristique de la gauche est souvent présenté comme la non-violence. Mais la gauche, dans certaines situations, comme la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale ou dans des dictatures qui empêchent les alternances pacifiques, peut être amenée à utiliser légitimement la violence. De plus, accepter cette définition signifierait que, par opposition, la droite, par construction, serait violente. Ce serait inexact, car la droite, dans les régimes démocratiques, est tout aussi non-violente que la gauche. On a même vu, dans certains cas, des gouvernements de gauche réprimer des mouvements sociaux.
Autre trait caractéristique de la gauche : celle-ci porterait l’émancipation individuelle et sociale, alors que la droite représenterait la tradition. Cette distinction est parfaitement exacte, mais l’émancipation comme la tradition se réfèrent avant tout à l’égalité. L’émancipation vise à combattre les inégalités, alors que la tradition vise à les conserver. Emancipation et tradition sont donc une conséquence de la lutte pour l’égalité.
Nouveau trait caractéristique de la gauche : elle relèverait du camp rationaliste et laïque, alors que la droite serait un conservatisme avant tout religieux, ou à composante religieuse centrale. Même si cette distinction est globalement pertinente, elle passe sous silence qu’il existe une droite rationaliste et laïque, alors qu’il existe des « chrétiens de gauche », même s’ils ne sont pas conservateurs et qu’ils sont laïques.
Comme trait caractéristique de la gauche, on trouve aussi le progrès – ne parle-t-on pas de « mouvements progressistes » ? – alors que la droite serait symbolisée par le conservatisme – puisqu’on parle de « mouvements conservateurs ». Cette opposition est tout à fait réelle et pertinente, mais progrès et conservation découlent l’un et l’autre de la position adoptée face aux inégalités. Un mouvement progressiste est un mouvement qui lutte contre les inégalités, alors qu’un mouvement conservateur s’y oppose.
Enfin, le dernier trait caractéristique de la gauche la définit comme le parti des « classes inférieures », alors que la droite représenterait les « classes supérieures ». C’est tout à fait exact, la gauche se positionne bien de cette manière dans le rapport des classes sociales. Mais encore une fois, cette distinction découle de l’attitude face aux inégalités. C’est parce qu’elle lutte contre les inégalités, et parfois même pour l’égalité, que la gauche représente les classes « inférieures ». Et c’est parce que la droite s’oppose à une meilleure répartition des richesses produite, qu’elle représente les classes favorisées.
Au total, c’est bien l’aspiration à l’égalité qui est la raison d’être fondamentale des mouvements de gauche. Les oppositions précédentes sont réelles, mais seul le couple égalité et inégalité est fondateur, les autres ne sont que « fondés ». L’égalité est le seul principe qui résiste au temps. Une refondation de la gauche doit repartir de ce constat : l’égalité comme valeur cruciale.
On peut le vérifier par une analyse inverse, en recherchant la caractéristique principale des mouvements de droite. C’est l’inégalitarisme. Il ne s’agit pas, ici, de porter un jugement moral, mais d’identifier la nature des mouvements de droite. Ces derniers estiment que les inégalités entre les hommes sont non seulement impossibles à éliminer, ou alors en étouffant la liberté, mais encore qu’elles sont utiles. Elles provoqueraient une dynamique incessante pour l’amélioration de la société. Pour une personne de droite, et chacun pourra prendre des exemples dans son environnement, l’égalité est comprise comme l’égalitarisme, c’est-à-dire un nivellement. Les inégalités étant naturelles, il serait vain de tenter de s’y opposer. Ce constat ne signifie pas que la droite veuille conserver toutes les inégalités, par principe, mais que la gauche est plus égalitaire qu’elle. D’un côté se trouvent à gauche ceux qui pensent que les hommes sont plus égaux qu’inégaux, de l’autre, à droite, ceux qui estiment qu’ils sont plus inégaux qu’égaux. L’homme ou la femme de gauche considère que la plupart des inégalités qui provoquent son indignation et qu’il voudrait voir disparaître sont d’origine sociale et en tant que telles éliminables ; l’homme ou la femme de droite, au contraire, pense qu’elles sont naturelles et donc inévitables.
La droite, comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale 2007, préfère l’ « équité », car c’est un concept « autrement plus riche et porteur d’espérance ». En effet ! Pour la droite, le remplacement de l’égalité par l’équité a pour fonction de légitimer les inégalités. Car les inégalités seraient le résultat « naturel » qui récompenserait le travail et le mérite. Dans le système capitaliste, les inégalités sont une des conséquences souhaitées du fonctionnement de l’économie capitaliste car c’est de là que vient le profit. Sans inégalités : pas de profit ! Pour la droite, donc, l’inégalité des conditions est compréhensible et acceptable s’il existe une véritable égalité des chances. Si c’est le cas, les différences de position sociale deviennent alors acceptables si elles dépendent du travail, du mérite et du talent de chacun. Tout cela sera possible par l’éducation. Grace à l’école, chacun échapperait au déterminisme social et se verrait offrir la chance de réussir selon ses seuls mérites personnels… ceux qui n’y parviennent pas n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes, et ne méritent pas que la société fasse plus pour eux.
On peut aussi vérifier le caractère central du principe d’égalité pour la gauche en se demandant entre qui, en quoi, et selon quels critères il faut l’égalité. La réponse est particulièrement simple : les trois sources principales d’inégalités sont la classe, la race, et le sexe. Ceux qui douteraient de la pertinence du clivage gauche-droite pourraient vérifier, dans les faits, si les inégalités de classe, de race et de sexe avaient encore une réalité. Quant à ceux qui pourraient s’interroger sur ce que sont devenues les valeurs de gauche, ils devraient utilement revenir aux fondamentaux et se dire qu’après tout une politique de gauche est celle qui combat avec intransigeance les inégalités de classe, de race et de sexe.
L’obstacle majeur à l’égalité entre les hommes, qui constitue historiquement l’un des thèmes principaux de la gauche, partagé par les communistes et les socialistes, est la suppression de ce qui est apparu dès l’Antiquité comme la source essentielle des inégalités : la propriété individuelle. D’ailleurs, le « socialisme utopique », quand il décrit les sociétés idéales fondées sur l’aspiration égalitaire, prône une société « collectiviste », c’est-à-dire une société où tous les biens sont collectifs. Rousseau inspire directement ces constructions intellectuelles dont toutes les tentatives de réalisation se traduiront par l’échec. Rousseau est encore à l’origine de la « Conjuration des Egaux » de Babeuf, en 1795, qui s’oppose à toute forme de propriété. L’une des premières mesures de la révolution soviétique, en 1917, fut l’abolition de la propriété individuelle de la terre et des entreprises. Les nationalisations ont longtemps fait partie des politiques économiques proposées par les partis socialistes et communistes, au nom de l’idéal égalitaire. La lutte pour l’abolition de la propriété, individuelle ou des grands moyens de production et d’échange – intégrale ou non – a toujours eu pour objectif, pour la gauche, de lever l’obstacle principal à la réalisation d’une société d’égaux.
Mais la différence entre hier et aujourd’hui, c’est qu’on a compris que l’égalité était une valeur relative et non absolue comme l’ont cru les pères fondateurs des idées de gauche.
Il ne faut pas confondre la recherche de l’égalité et l’égalité comme valeur absolue qui est l’égalitarisme, c’est-à-dire l’égalité de tous et tout. Cette forme d’égalité, dans sa formulation la plus radicale de valeur absolue, est le trait commun aux cités idéales des utopistes dont la matrice est celle de Thomas More, pour qui « tant que la propriété persistera, le fardeau angoissant et inévitable de la pauvreté et du malheur pèsera toujours sur la partie de loin la plus nombreuse et de loin la meilleure de l’humanité ». Des exemples historiques récents témoignent que la suppression de la propriété n’est pas suffisante – très loin de là – pour supprimer la pauvreté et le malheur. C’est pourquoi le slogan « tous les hommes doivent être égaux » n’a qu’un contenu purement émotif, sauf à répondre à la question « tous, vraiment tous ? », et d’offrir une justification aux exceptions.
Précisément, l’égalité ne peut être qu’une valeur relative. Elle dépend d’au moins trois variables : les sujets entre lesquels il s’agit de répartir les biens ou les charges ; les biens ou les charges à répartir ; le critère de répartition. En combinant ces trois variables on obtient une multitude de types de répartition qui tous peuvent se dire égalitaires bien qu’ils diffèrent notablement les uns des autres.
Les inégalités naturelles existent. Si certaines d’entre elles peuvent être corrigées, d’autres ne peuvent être éliminées. Les inégalités sociales existent aussi. Si certaines d’entre elles peuvent être amoindries, d’autres ne peuvent être éradiquées. Même une inégalité naturelle peut être sociale, du fait du hasard de la naissance dans telle ou telle famille ou telle ou telle région.
Il ne faut donc pas entendre par lutte contre les inégalités l’utopie d’une société où tous seraient égaux en tout, mais comme une tendance fondamentale à corriger ce qui rend les hommes inégaux. Une politique de l’égalité est celle qui tend à supprimer ou réduire ce qui rend les hommes et les femmes moins égaux, à réduire les inégalités sociales ou à rendre moins pénibles les inégalités naturelles.
 ii.- Même la liberté ne peut être mise en équivalence avec l’égalité
L’égalité est l’idéal supérieur et ultime de la gauche, car elle est la condition d’une société juste et heureuse. Elle est habituellement associée à l’idéal de liberté, considéré lui aussi comme suprême ou ultime. Pour certains, c’est la liberté qui constituerait l’élément de mobilisation le plus fort de la gauche. D’autant que l’histoire a donné l’exemple d’un système social où la poursuite de l’égalité s’est faite aux dépens de la liberté ; le collectivisme, s’appuyant sur l’étatisme, a produit une doctrine et une pratique de type totalitaire. Quant au libéralisme, même s’il contient le mot liberté, il ne conçoit celle-ci que sous l’angle de la liberté économique, sans se préoccuper des inégalités qui en découlent.
Les deux concepts de liberté et d’égalité ne sont donc pas symétriques et ne peuvent être mis sur le même plan, bien que devant être articulés. Alors que la liberté est un statut de la personne, l’égalité indique une relation entre deux entités au moins. Ainsi, dire que « x est libre » a un sens, tandis que dire « x est égal » est dénué de sens. La liberté est un bien individuel, l’égalité est un bien social.
On pourrait alors se demander si la liberté est de droite et l’égalité de gauche. En fait, la liberté est aussi bien de droite que de gauche et la distinction essentielle entre droite et gauche se trouve dans l’importance plus ou moins grande attribuée à l’égalité. Prenons l’exemple d’un mouvement de libération nationale au moment de la décolonisation. Ce qui fera de ce mouvement de libération un mouvement de gauche, c’est la fin ou le résultat qu’il se propose : abattre un régime despotique, fondé sur l’inégalité entre le haut et le bas de l’échelle sociale. Ce n’est pas la liberté qu’il veut donner à sa nation qui lui donnera des attributs de gauche. Car se libérer de la puissance coloniale pour la remplacer par la domination d’une bourgeoisie locale qui traitera les questions de l’égalité de la même manière que les anciens maitres n’est pas une politique de gauche.
En outre, tout comme l’égalité, la liberté est une valeur relative et non absolue. Une loi qui imposerait à tous les citoyens de se servir uniquement des moyens de transports collectifs publics pour soulager la circulation des villes lèserait la liberté de choisir son moyen de transport préféré. Cette perte de liberté frapperait davantage le riche que le pauvre, dont la liberté de choisir son moyen de transport, son école, ses vêtements, est d’habitude limitée non par une décision politique, mais par une situation économique interne à la sphère privée. Autre exemple : bien qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir, une plus grande égalité s’est installée entre les époux à propos des tâches ménagères. Ceci résulte, d’ailleurs, davantage de l’évolution des mœurs que de règles contraignantes. Mais ces nouvelles obligations qui s’imposent aux maris restreignent, de fait, la liberté qu’ils avaient autrefois.
L’égalité, c’est vrai, a pour effet de limiter la liberté, tant du riche que du pauvre, mais avec une différence ; le riche perd une liberté dont il jouissait effectivement, le pauvre perd une liberté potentielle.
 c.- Les notions de droite et gauche ont une portée universelle
Droite et gauche ne se définissent pas par des contenus de programmes mais par des constantes de positionnement dans des affrontements variables de programmes, autour du combat central pour l’égalité et contre l’inégalité.
Avant 1789, on distinguait les « patriotes », ou les « nationaux » ou le « parti national » pour désigner les partisans des réformes, c’est-à-dire la gauche, en oppositions avec les « aristocrates », c’est-à-dire la droite. L’opposition entre progressistes et conservateurs a également été utilisée. Les rouges contre les blancs a été utilisée pendant plus d’un demi-siècle, de 1848 au début du XXe siècle, afin de permettre la reconnaissance des camps.
Le Parti communiste français, nouveau parti révolutionnaire issu de la scission de 1920 au congrès de Tours, renvoie dos à dos la gauche et la droite, assimilées à « deux fractions de la bourgeoisie ». Lors de la première grande consultation à laquelle il participe, en 1924, il dénoncera le « bloc des bourgeois arrivistes » qui, sous l’étiquette de « gauche », dispute les places au « bloc des bourgeois repus ». Il affirmera : « capitalistes de droite et capitalistes de gauche se valent » ; « la gauche n’est qu’un autre visage de la droite, sous deux faces différentes, la tête reste la même ». Mais aux législatives de 1928, avec un scrutin uninominal d’arrondissement avec second tour, il se pose la question : maintien ou désistement ? Le PCF lance le slogan « classe contre classe » pour l’opposer à la formule républicaine « les rouges contre les blancs ». Il se maintient systématiquement au second tour et provoque des triangulaires dont profite la droite. Aux élections de 1932, la stratégie « classe contre classe » montre ses limites : le PCF recule de 11,3 % à 8,3 %. Force est de constater l’extraordinaire prégnance de la notion de gauche.
Pourquoi, parmi toutes ces oppositions possibles, c’est finalement celle entre la droite et la gauche qui l’a emporté sur républicaines et démocrates ; travaillistes et conservateurs ; socialistes et bourgeois ; libéraux et progressistes ; l’ordre et le mouvement, etc. ?
Parce que la topographie parlementaire est devenue le moyen primordial par lequel les citoyens pensent en politique.
Parce que cela exprime la continuité des luttes ouvertes en 1789.
Parce que le suffrage universel crée un besoin d’identification politique ou chacun est requis de se situer ; rouges et blancs permettaient de simplifier le conflit et de reconnaître immédiatement sa position dans ce conflit, mieux traduit, plus tard, par gauche et droite.
Parce que la démocratie a permis la domestication du conflit par l’organisation de ses protagonistes à grande échelle et par la ritualisation, dans les mots, de leur affrontement.
Cette capacité d’universel de l’histoire de France, concernant les notions de droite et de gauche, ne comporte pas le moindre mystère à propos de la fortune mondiale qu’elles ont connue. Pourquoi se sont-elles imposées et comment ont-elles pu mobiliser des ressorts suffisamment généraux pour provoquer pareil effet de reconnaissance ? Pourquoi droite et gauche ont-elles désormais une vie indépendante de la matrice où elles se sont primitivement développées ? Pourquoi ont-elles conquis la planète ? Pourquoi sont-elles devenues des catégories universelles de la politique ? Car gauche et droite désignent l’univers conflictuel de la politique depuis plus de deux siècles, l’opposition des idéologies et des mouvements qui divisent le monde. Ils sont antithétiques : réciproquement exclusifs et conjointement exhaustifs. Exclusifs dans le sens qu’aucune doctrine ou aucun mouvement ne peut être à la fois de droite et de gauche ; exhaustifs, dans la mesure où un mouvement ou une doctrine ne peut être que de droite ou de gauche.
Droite et gauche entrent dans l’universel car la droite incarne le conservatisme et donc les inégalités, alors que la gauche représente le progrès et la lutte pour l’égalité.
Il existe, bien sûr, des droites et des gauches, mais parler de gauche reste valide, c’est récurrent, malgré les changements historiques et les variations des critères d’égalité et d’inégalité. Certes, dans la confusion actuelle, une partie de la gauche a renoncé à la lutte politique directe pour l’égalité, et s’est repliée sur une lutte indirecte adossée à des valeurs humanistes comme l’humanitaire, l’associatif ou l’altermondialisme. Autrement dit, la question de l’égalité a été dépolitisée, elle ne relèverait plus du combat politique mais du bénévolat et du bon cœur.
Tout ce qui permet de dépasser l’une des discriminations sur la base desquelles les hommes ont été divisés en supérieurs et inférieurs, dominateurs et dominés, riches et pauvres, maitres et esclaves, autrement dit les différences de classe, de race, de sexe, représente une étape du processus de civilisation. La poussée vers une égalité toujours plus grande entre les hommes et entre les hommes et les femmes est irrésistible. La gauche n’a donc pas achevé son chemin, elle l’a à peine commencé.





sábado, 8 de septiembre de 2012

Un león en el agua


El honorable Diego Cañamero, -comunista, nacionalista y cristiano, dicen en un momento dado- patrimonio de Andalucía, en la televisión fascista Intereconomía.









viernes, 7 de septiembre de 2012

Pa´ mear y no echar gota



Esto pasa a ser ya (cuándo no) un puto cachondeo, joder. Y por qué esto y no otra cosa: por ejemplo, limpiar el culo de los vástagos de Botín o Aznar o Conde. Y qué sanción: los van a fusilar, encerrar en mazmorras, quitar el desempleo ?

Qué gentuza.







El Ejecutivo aprueba un real decreto con medidas urgentes para paliar los daños producidos por los incendios forestales y otras catástrofes

Política | 07/09/2012 - 15:25h            | Actualizada a las 21:27h

Madrid. (Agencias).- El Consejo de Ministros ha aprobado hoy un real decreto ley de medidas urgentes para paliar los daños producidos por los incendios forestales y otras catástrofes naturales que prevé la posibilidad de requerir los servicios de quienes estén percibiendo una prestación de desempleo.
Según ha anunciado hoy en la rueda de prensa posterior a la reunión del Consejo de Ministros la vicepresidenta del Gobierno, Soraya Sáenz de Santamaría, este real decreto se ampliará a los incendios que puedan producirse hasta el 1 de noviembre, fecha en la que finaliza la temporada de incendios.
Hasta hoy, la superficie arrasada por el fuego en España alcanza las 181.000 hectáreas, lo que convierte a 2012 en uno de los años "más duros". "Ahora toca, con urgencia, restaurar los daños que se han causado y ayudar a que estas zonas vuelvan a la normalidad", ha subrayado la vicepresidenta del Gobierno.
Cobrarán por encima del salario mínimo
Igualmente, las mismas fuentes han precisado que, en caso de accidente laboral durante el desempeño de las tareas requeridas, la administración o entidad que haya requerido su colaboración se haría cargo del desempleado al pagar sus cotizaciones.
La normativa reguladora de estos trabajos de colaboración social en España está integrada por el Texto Refundido de la Ley General de la Seguridad Social, que se configura desde entonces como una obligación para los perceptores de prestaciones por desempleo.
Desde el Ministerio de Empleo se ha precisado que en todo caso debe tratarse de trabajos de utilidad social y redundar en beneficio de la comunidad. Estos trabajos deben tener, además, carácter temporal y coincidir con las aptitudes físicas y profesionales del trabajador desempleado, sin implicar cambio de residencia del trabajador.
En cuanto al procedimiento, señala que las administraciones públicas solicitarán a las oficinas de empleo los trabajadores que necesiten y las oficinas de empleo seleccionarán a los desempleados, previéndose la rotación o sustitución en caso de que el desempleado acepte una oferta de empleo durante la realización de la colaboración. Para ello, el Servicio de Empleo Público promoverá la celebración de convenios o acuerdos con administraciones públicas y entidades sin ánimo de lucro.
En caso de negativa, sanciones
En caso de negativa o incumplimiento de obligaciones por parte del desempleado será aplicable el régimen sancionador previsto en el texto refundido de la Ley sobre Infracciones y Sanciones en el Orden Social. Además, el Real Decreto exonera al empresario del abono de las cuotas de la Seguridad Social mientras dure el periodo de suspensión de la actividad.
A su vez, en los casos en que se produzca extinción del contrato, las indemnizaciones de los trabajadores correrán a cargo del Fondo de Garantía Salarial, con los límites legalmente establecidos. En los casos de expedientes de regulación de empleo en que se decida por la empresa la suspensión de contratos o la reducción temporal de la jornada de trabajo con base en circunstancias excepcionales, el Servicio Público de Empleo Estatal podrá autorizar que el tiempo en que se perciban las prestaciones por desempleo no se compute a los efectos de consumir los períodos máximos de percepción establecidos.
Asimismo, podrá autorizarse que reciban prestaciones por desempleo aquellos trabajadores incluidos en dichos expedientes que carezcan de los períodos de cotización necesarios para tener derecho a ellas. Finalmente, las empresas y los trabajadores por cuenta propia, incluidos en cualquier régimen de la Seguridad Social, podrán solicitar y obtener, previa justificación de los daños sufridos, una moratoria de hasta un año sin interés en el pago de las cotizaciones a la Seguridad Social correspondientes a los tres meses naturales inmediatamente anteriores a la producción del siniestro.
UGT denuncia una campaña de acoso al parado
El secretario de Acción Sindical de UGT, Toni Ferrer, ha acusado al Gobierno de promover "una campaña de propaganada constante de acoso a las personas desempleadas". En este sentido, Ferrer ha señalado que "ese tipo de trabajo no la puede hacer cualquier persona", sino que hay que tener unos conocimientos y "sobre todo una capacidad física" para realizarlo.
Además, ha recordado que hay empresas que realizan ese tipo de trabajos para lograr un beneficio. Por otro lado, Ferrer ha criticado al Gobierno porque, por lo que ha informado, "parece que está descubriendo el huevo de colón", cuando ya existe una normativa que regula la contratación temporal de trabajadores desempleados para la realización de obras y servicios de interés general, mediante la colaboración de los Servicios Públicos de Empleo con corporaciones locales, organismos públicos y entidades sin ánimo de lucro.
No obstante, ha recordado que "la primera premisa" de este tipo de trabajos de colaboración social es que las personas en situación de desempleo no se harán trabajos que corresponden a trabajadores de las administraciones.


jueves, 6 de septiembre de 2012

Muere el escritor mallorquín Cristóbal Serra





Definido como un autor sin género, amante de la soledad, poético e irónico, también tradujo a Blake, Bloy, Lao-Tsé, Melville, Michaux, Swift y Max Jacob, entre otros
Libros | 06/09/2012 - 13:47h


Cristóbal Serra


Palma. (EFE).- El escritor mallorquín Cristóbal Serra, considerado uno de los autores en lengua castellana más originales de la segunda mitad del siglo XX, ha muerto a los 89 años de edad, según ha informado hoy su editorial.
El escritor nacido en Palma, que iba a cumplir 90 años el próximo día 28, falleció anoche tras unos meses de convalecencia por una caída, han indicado fuentes de Edicions Cort, donde había publicado sus últimos libros.
La editorial lamenta la pérdida de Serra, que califica como uno de los escritores más importantes en lengua española por su originalidad y su profundidad.
Definido como un escritor sin género, amante de la soledad, poético e irónico, Serra también tradujo a Blake, Bloy, Lao-Tsé, Melville, Michaux, Swift y Max Jacob, entre otros.
Su primera obra, Péndulo y otros papeles, se publicó en el año 1957, a la que siguieron otros títulos, entre ellos Viaje a Cotiledonia (1963), en la que el autor creó una geografía imaginaria habitada por seres ejemplares: modelos que ejemplificaban actitudes, posturas morales, culturales, étnicas o políticas.
Diario de signos (1980); Guía para el lector del Apocalipsis (1980); La noche oscura de Jonás (1984); Las líneas de mi vida (1986); Itinerario del Apocalipsis (1988); Retorno a Cotiledonia (1989); Augurio Hipocampo (1994); Efigies (2002), o El don de la palabra (2004) son otras de sus obras.
Entre los reconocimientos que recibió se encuentra el premio Ramon Llull concedido por el Govern balear en el año 2000 y el nombramiento como Doctor Honoris Causa por la Universidad de las Islas Baleares en 2006.

sábado, 1 de septiembre de 2012

La Convención de Clint Eastwood


Ah, uno de mis líderes espirituales... resulta que es libertariano (no es que sea incorrecto el "libertario" del artículo, pero se presta en Europa a connotaciones de otro tipo). O sea, que está por la libertad, como yo, y también por otras cosas, a diferencia de mí, pero humildemente siempre busco lo que une. Líder desde los spaghettis western, Harry el Sucio o la morbosa El seductor (The beguiled), es decir, líder cuando era tildado (el bueno de Clinton, no yo, aunque también pillaba) de fascistoide políticamente o vulgar y mediocre estéticamente. Pero a mí plin, porque me gusta mucho Clint, qué dureza en el gesto, qué frialdad en la mirada.

La Convención de Clint Eastwood

La convención republicana será recordada, ante todo, por la intervención del actor y director


Clint Eastwood durante la última sesión de la convención republicana. / ADREES LATIF (REUTERS)
Lo más destacado de la intervención de Clint Eastwood en la noche del jueves en Tampa es que, probablemente, es lo único que va a ser recordado de esta convención republicana.
Eso habla del enorme tirón de uno de los gigantes de Hollywood, así como de su capacidad interpretativa, pero también de la pobreza de otros que se subieron al mismo escenario a lo largo de tres días. Al programar antes de él a una figura de esa dimensión, Mitt Romney corría el peligro de que, como ha ocurrido, la luz de la gran estrella opacara todo lo demás.
Clint Eastwood es la más alta celebridad del espectáculo que ha ocupado jamás un espacio tan privilegiado de una convención política. Esa era justo la hora en la que los principales canales de televisión conectaban con Tampa para su retransmisión en directo. Romney podía haber escogido cualquier cosa que hubiera querido contar a los norteamericanos. El emotivo vídeo sobre su vida que se pasó en la convención un rato antes, por ejemplo. No. Escogió a Eastwood y, por tanto, de Eastwood estamos escribiendo ahora.
Nunca se había producido semejante conexión entre la política y el espectáculo, dos mundos que frecuentemente se mezclan, en este y en otros países, pero cuya colaboración suele provocar roces, algunas insidias y muchos malos entendidos. La proximidad de los famosos tiene el beneficio de contagiar algo de fama también a los políticos, pero a cambio los hace parecer elitistas, frívolos y desconectados de la realidad del oscuro ciudadano de a pié. Precisamente el Partido Republicano tiene una larga tradición de criticar a los demócratas, muy especialmente a Barack Obama, por su frecuente cortejo a los círculos de Hollywood, claramente decantados hacia la izquierda.

Encontrar un actor famoso de derechas se ha convertido en una rareza, y cuando eso se produce, se difunde a los cuatro vientos. ¡Jon Voight es republicano!, publican las revistas para remarcar la excepcionalidad. Por esa razón, cuando Eastwood hizo público su apoyo a Romney, seguramente se convirtió en una tentación muy difícil de resistir para los organizadores de esta convención. La idea de un mito de tal estatura dedicando 15 minutos de lo que mejor sabe hacer a una candidatura, suena maravillosa desde la visión del marketing político de estos días.
Y, ciertamente, cuando Eastwood se puso frente a aquellos focos y comenzó a hablarle a una silla vacía que representaba a Obama, consiguió risas, aplausos y éxito, mucho éxito. Tanto éxito que es de lo que hoy se habla. Todos los programas de televisión le han pedido entrevistas, la mayoría de los comentaristas le dedican columnas y, en Internet, que es donde se mide hoy la verdadera repercusión de un acontecimiento, se han batido ya récords en las redes sociales, con cuentas y páginas a favor o en contra de esto o de aquello. Con seguridad, la actuación de Eastwood en Tampa será parodiada en decenas de programas, servirá de inspiración para los cómicos y estará vigente durante mucho tiempo.
Enhorabuena para Eastwood, que confirma su relevancia. Pero, ¿y para Romney? Para Romney ya es distinto. Quizá, aunque el efecto hubiera sido menor, las consecuencias no hubiera sido tan apreciables en el caso de que la estrella invitada no hubiera sido tan rutilante. Pero, claro, Eastwood es mucho, y, a sus 82 años, no es sencillo pedirle que se adapte a un guión. Salió por donde quiso. Se puso a hablar con una silla vacía como podía haberse bajado los pantalones en pleno escenario. Defendió su posición política de forma correcta –es, esencialmente, un libertario-, pero rompió el tono de la convención y desacomodó el plan previsto por Romney, en cuyo discurso nadie pudo olvidar aquella silla vacía.

viernes, 31 de agosto de 2012

Un cañón en el culo, de Millás


Que no pase un mes augusto sin entradas.













Si lo hemos entendido bien, y no era fácil porque somos un poco bobos, la economía financiera es a la economía real lo que el señor feudal al siervo, lo que el amo al esclavo, lo que la metrópoli a la colonia, lo que el capitalista manchesteriano al obrero sobreexplotado. La economía financiera es el enemigo de clase de la economía real, con la que juega como un cerdo occidental con el cuerpo de un niño en un burdel asiático. Ese cerdo hijo de puta puede hacer, por ejemplo, que tu producción de trigo se aprecie o se deprecie dos años antes de que la hayas sembrado. En efecto, puede comprarte, y sin que tú te enteres de la operación, una cosecha inexistente y vendérsela a un tercero que se la venderá a un cuarto y este a un quinto y puede conseguir, según sus intereses, que a lo largo de ese proceso delirante el precio de ese trigo quimérico se dispare o se hunda sin que tú ganes más si sube, aunque te irás a la mierda si baja. Si baja demasiado, quizá no te compense sembrarlo, pero habrás quedado endeudado sin comerlo ni beberlo para el resto de tu vida, quizá vayas a la cárcel o a la horca por ello, depende de la zona geográfica en la que hayas caído, aunque no hay ninguna segura. De eso trata la economía financiera.
Estamos hablando, para ejemplificar, de la cosecha de un individuo, pero lo que el cerdo hijo de puta compra por lo general es un país entero y a precio de risa, un país con todos sus ciudadanos dentro, digamos que con gente real que se levanta realmente a las seis de mañana y se acuesta de verdad a las doce de la noche. Un país que desde la perspectiva del terrorista financiero no es más que un tablero de juegos reunidos en el que un conjunto de Clicks de Famóbil se mueve de un lado a otro como se mueven las fichas por el juego de la Oca.
La primera operación que efectúa el terrorista financiero sobre su víctima es la del terrorista convencional, el del tiro en la nuca. Es decir, la desprovee del carácter de persona, la cosifica. Una vez convertida en cosa, importa poco si tiene hijos o padres, si se ha levantado con unas décimas de fiebre, si se encuentra en un proceso de divorcio o si no ha dormido porque está preparando unas oposiciones. Nada de eso cuenta para la economía financiera ni para el terrorista económico que acaba de colocar su dedo en el mapa, sobre un país, este, da lo mismo, y dice “compro” o dice “vendo” con la impunidad con la que el que juega al Monopoly compra o vende propiedades inmobiliarias de mentira.
Cuando el terrorista financiero compra o vende, convierte en irreal el trabajo genuino de miles o millones de personas que antes de ir al tajo han dejado en una guardería estatal, donde todavía las haya, a sus hijos, productos de consumo también, los hijos, de ese ejército de cabrones protegidos por los gobiernos de medio mundo, pero sobreprotegidos desde luego por esa cosa que venimos llamando Europa o Unión Europea o, en términos más simples, Alemania, a cuyas arcas se desvían hoy, ahora, en el momento mismo en el que usted lee estas líneas, miles de millones de euros que estaban en las nuestras.
Y se desvían no en un movimiento racional ni justo ni legítimo, se desvían en un movimiento especulativo alentado por Merkel con la complicidad de todos los gobiernos de la llamada zona euro. Usted y yo, con nuestras décimas de fiebre, con nuestros hijos sin guardería o sin trabajo, con nuestro padre enfermo y sin ayudas para la dependencia, con nuestros sufrimientos morales o nuestros gozos sentimentales, usted y yo ya hemos sido cosificados por Draghi, por Lagarde, por Merkel, ya no poseemos las cualidades humanas que nos hacen dignos de la empatía de nuestros congéneres. Ya somos mera mercancía a la que se puede expulsar de la residencia de ancianos, del hospital, de la escuela pública, hemos devenido en algo despreciable, como ese pobre tipo al que el terrorista por antonomasia está a punto de dar un tiro en la nuca en nombre de Dios o de la patria.
A usted y a mí nos están colocando en los bajos del tren una bomba diaria llamada prima de riesgo, por ejemplo, o intereses a siete años, en el nombre de la economía financiera. Vamos a reventón diario, a masacre diaria y hay autores materiales de esa colocación y responsables intelectuales de esas acciones terroristas que quedan impunes entre otras cosas porque los terroristas se presentan a las elecciones y hasta las ganan y porque hay detrás de ellos importantes grupos mediáticos que dan legitimidad a los movimientos especulativos de los que somos víctimas.
La economía financiera, si vamos entendiéndolo, significa que el que te compró aquella cosecha inexistente era un cabrón con los papeles en regla. ¿Tenías tú libertad para no vendérsela? De ninguna manera. Se la habría comprado a tu vecino o al vecino de tu vecino. La actividad principal de la economía financiera consiste en alterar el precio de las cosas, delito prohibido cuando se da a pequeña escala, pero alentado por las autoridades cuando sus magnitudes se salen de los gráficos.
Aquí están alterando el precio de nuestras vidas cada día sin que nadie le ponga remedio, es más, enviando a las fuerzas del orden contra quienes tratan de hacerlo. Y vive Dios que las fuerzas del orden se emplean a fondo en la protección de ese hijo de puta que le vendió a usted, por medio de una estafa autorizada, un producto financiero, es decir, un objeto irreal en el que usted invirtió a lo mejor los ahorros reales de toda su vida. Le vendió humo el muy cerdo amparado por las leyes del Estado que son ya las leyes de la economía financiera, puesto que están a su servicio.
En la economía real, para que una lechuga nazca hay que sembrarla y cuidarla y darle el tiempo preciso para que se desarrolle. Luego hay que recolectarla, claro, y envasarla y distribuirla y facturarla a 30, 60 o 90 días. Una cantidad enorme de tiempo y de energías para obtener unos céntimos, que dividirás con el Estado, a través de los impuestos, para costear los servicios comunes que ahora nos están reduciendo porque la economía financiera ha dado un traspié y hay que sacarla del bache. La economía financiera no se conforma con la plusvalía del capitalismo clásico, necesita también de nuestra sangre y en ello está, por eso juega con nuestra sanidad pública y con nuestra enseñanza y con nuestra justicia al modo en que un terrorista enfermo, valga la redundancia, juega metiendo el cañón de su pistola por el culo de su secuestrado.
Llevan ya cuatro años metiéndonos por el culo ese cañón. Y con la complicidad de los nuestros.



domingo, 29 de julio de 2012

Afganistán, la crónica de una ficción




Afganistán, en primera persona

  • 'Afganistán, crónica de una ficción' narra los últimos años en el país
  • La corresponsal de ELMUNDO.es es la única periodista española en el país
  • Desmonta tópicos y hace una brutal crítica a la comunidad internacional
  • Da voz al pueblo afgano, recogiendo decenas de testimonios y el día a día
"Muchas personas dan por hecho que a mí me fascina Afganistán debido a mi prolongada vinculación con el país. Contesto que, aunque vivo allí, es uno de los países del mundo que menos me gusta para vivir y que no se lo recomendaría a nadie. No se trata de fascinación. Es tanta la hipocresía y el cinismo de la comunidad internacional en ese país, y son tantas las injusticias acumuladas, que resulta difícil quedarse impasible y darle la espalda. Espero que para los lectores y lectoras de este libro también sea así".
[foto de la noticia]
De esta manera la corresponsal de ELMUNDO.es en Afganistán, Mònica Bernabé, empieza su libro'Afganistán, crónica de una ficción' (Debate), recién publicado y que estos días la autora presenta en España*. Se trata de la primera obra de la autora, y también del primer libro sobre Afganistán en español de una persona vinculada a ese país tan estrechamente durante tanto tiempo.
Bernabé viajó por primera vez a Afganistán en el año 2000, durante la época talibán. Desde entonces ha ido al país cada año y, desde 2006, vive allí. Es la única periodista española establecida en Afganistán permanentemente. Se trata, por tanto, de un testimonio privilegiado.
Afganistán, crónica de una ficción arranca en el año 2000 y finaliza en marzo de 2012. Es una crónica periodística de los hechos acaecidos en ese país durante esos años, pero narrados en primera persona. "Por primera vez recurro al relato personal porque he podido entender muchos aspectos de la sociedad y la realidad afganas a través de mis propias experiencias. Compartiéndolas, espero acercar Afganistán a otras personas", justifica la autora.
De hecho, Bernabé desmonta uno a uno muchos de los tópicos existentes sobre Afganistán. Por ejemplo, explica por qué el burqa puede ser una ventaja y no un problema para las mujeres afganas, o por qué Afganistán tiene muchos números para hundirse cuando las tropas extranjeras se retiren del país en el año 2014, a pesar de que el discurso de la comunidad internacional diga todo lo contrario. Para demostrarlo, la periodista se limita a relatar los hechos ocurridos en el país de los que ella misma ha sido testigo. Los argumentos son demoledores.
La autora también narra cómo las tropas internacionales en Afganistán pasaron de ser vistas como salvadoras por la población afgana a ser consideradas invasoras, y cuál ha sido la evolución del contingente español en ese país. Bernabé detalla por primera vez todos los obstáculos que el Ministerio de Defensa español le ha ido poniendo en los últimos años para hacerle la vida imposible y evitar que informara desde la provincia de Badghis, donde se encuentran desplegados los efectivos españoles: "Nunca antes lo había hecho público por temor a que aún me pusieran más palos en las ruedas", afirma la periodista. Algunas de las situaciones que relata resultan surrealistas.
Bernabé consiguió llegar a Qala-e-now, la capital de la provincia de Badghis, cuando la carretera que lleva a esa localidad no era segura por la presencia de la insurgencia, no había vuelos civiles disponibles para viajar hasta allí, y el Ministerio de Defensa le impedía utilizar sus vuelos militares. Una peripecia que la periodista también narra en 'Afganistán, crónica de una ficción'. El libro, además, desgrana el trabajo de periodista en un país en conflicto, desmitificando totalmente la figura del denominado corresponsal de guerra, con el que Bernabé afirma no sentirse identificada.
También relata cómo y en qué condiciones trabaja un periodista empotrado con las tropas internacionales. Bernabé ha acompañado a las fuerzas internacionales en Afganistán en múltiples ocasiones, en la mayoría de las cuales ha realizado blogs con crónicas diarias y vídeos para ELMUNDO.es. Uno de los que tuvo más éxito fue 'En el valle de la muerte', cuando estuvo empotrada con las tropas estadounidenses en el valle de Korengal, una de las zonas más peligrosas en el este de Afganistán, en abril de 2009.
Pero el libro de Bernabé va más allá. La periodista da voz al pueblo afgano, recogiendo decenas de testimonios y mostrando, por ejemplo, cómo es la vida en Kabul, una ciudad que tiene cinco millones de habitantes, que durante años sólo dispuso de electricidad cuatro horas al día, y donde en invierno las temperaturas bajan a quince grados bajo cero. En especial, Bernabé hace hincapié en la situación de las víctimas de la guerra y denuncia cómo se las ha ninguneado durante décadas.
Su relato es una crítica brutal contra la comunidad internacional y el rol que ha jugado en Afganistán en los últimos años y que, según ella, está llevando el país al abismo. La periodista asegura que todos los avances en Afganistán son puro escaparate, una ficción. De ahí el título del libro.

*Mònica Bernabé presentará el libro el 20 de junio a las 19.30 horas en el Centro Cultural Círculo de Lectores en Madrid. El día 21 estará en Zaragoza, el 26 enBarcelona, el 28 en Oviedo, y el 10 de julio en Santander.




Aquí en ABC




Afganistán, la crónica de una ficción que pone los pelos de punta


“A mí Afganistán no me gusta. No me gusta vivir allí. Tener cortes de electricidad a menudo, caminar por calles sin asfaltar y oscuras, tapada de pies a cabeza y ver constantemente cosas que no te gustan. Afganistán es un ejemplo del cinismo y de la hipocresía internacionales. Pero allí puedo hacer el periodismo de calle que me gustaba hacer en Barcelona. Aunque parezca un poco masoquista. Tras entrevistar a una chica afgana en el año 2000 en Barcelona (me contó cómo estaban las mujeres en Afganistán, no podían trabajar fuera de casa, no tenían derecho a la educación ni a la asistencia médica, y la música estaba prohibida. Era el tiempo de los talibanes), decidí ir a conocer el país por mí misma. Me impresionó ver la situación de las mujeres y Kabul arrasada por la guerra. Mostramos las escuelas clandestinas para las niñas y salí en pantalla vestida con un burka. El programa tuvo un gran impacto, y por eso decidí crear laAsociación por los Derechos Humanos en Afganistán  (ASDHA)”. Quien así se expresa es la periodista Mònica Bernabé, que acaba de publicar uno de esos libros que ennoblecen la tarea del periodista y ayudan a explicar el mundo en que vivimos: Afganistán. Crónica de una ficción  (Debate).
Desde 2007, y sin dejar de lado sus compromisos humanitarios, es la única periodista española que vive permanentemente en Kabul. “No es un trabajo monótono. Trato de salir al menos una vez al mes de la capital y eso me ha permitido conocer a muchas personas que me han ayudado a romper muchos prejuicios. Te faltan válvulas de escape en Afganistán. La piscina de los viernes por la mañana me ayuda. He podido estar tantos años en Afganistán gracias al diario El Mundo. Soy freelance y cobro si publico. Pero se han portado muy bien conmigo. Tengo una acreditación para poder trabajar en Afganistán que me permite entrar en todas las bases internacionales salvo en las españolas. El Ministerio de Defensa español llegó a interferir en una ocasión para que los americanos no me permitieran empotrarme con ellos. Los americanos no solo te permiten empotrarte, sino moverte con toda libertad. Eso te da la oportunidad de hacer muchas historias”.
Al término de su vibrante y al mismo tiempo modesta exposición, Mònica Bernabé mostró dos vídeos muy interesantes grabados por ella con buen pulso y mejor ojo en los que salió a reducir la sangre fría de los americanos, la facilidad con la que se escaqueaba un alto mando italiano, y cómo las mujeres siempre son moneda de cambio, sin voz ni voto, gobiernen los talibanes o los señores de la guerra. De ahí que en las bodas, donde suelen conocer a su futuro marido, casi siempre mucho más viejo que la novia, sus caras reflejen la angustia y el miedo de quien va a ser entregada a su verdugo atada de pies y manos. “Cada día mueren 275 niños en Afganistán a causa de la desnutrición. El 70 por ciento de los niños sufre malnutrición. La gran incógnita es qué va a pasar en 2014, cuando se vayan las tropas internacionales. Por eso el subtítulo del libro es crónica de una ficción. Lo que ha fallado es que para hacer caer a los talibanes las tropas internacionales se aliaron con los señores de la guerra, que son auténticos criminales de guerra”.
¿Cómo es posible? Un incendio dialéctico en plena calle de O’Donnell, en la sede del Círculo de Lectores, y al día siguiente, y en los días sucesivos, no veo nada. Ninguna referencia. Será que no sé leer, que a fuerza de dormir casi todas las noches en mi cama y de no salir a rastrear el mundo en busca de historias extraordinarias estoy perdiendo olfato, reflejos, capacidad para ver el humo a lo lejos y reconocer el fuego. Todas las tardes se presentan libros en Madrid, das una conferencia o te la dan, o un concierto de cámara, o una lectura de poemas sicalípticos y premodernos, o un cala en las bifurcaciones en las escuelas junguianas y lacanianas…
Fue un caluroso miércoles de junio cuando mi amigo Gervasio Sánchez  abrió el fuego para presentar uno de esos libros que hay que leer si se quiere conocer una parte del mundo que nos estalla (aparentemente muy lejos) casi todas los días, aunque no queramos darnos cuenta. Puro periodismo aunque juegue con la ambigüedad del término ficción en el título, porque ficción es Afganistán, el poder del gobierno de Hamid Karzai, la misión pacificadora de Occidente… Gervasio empezó haciendo una profecía: “Afganistán. Crónica de una ficción se acabará convirtiendo en un libro de referencia para militares, diplomáticos, periodistas… para todo aquel que esté interesado por Afganistán. Mònica vive una media de nueve meses al año en Afganistán. Es muy difícil vivir allí, porque las condiciones durísimas, y además siendo mujer. No conozco a nadie, sea hombre o mujer, que lleve tantos años viviendo en una situación y en lugares tan peligrosos. Porque Afganistán es uno de los lugares más jodidos del mundo. Es una década de trabajo dedicada a Afganistán, los últimos seis años como corresponsal de El Mundo. Ella no hace como muchos periodistas, que primero escriben el libro y luego adquieren la experiencia”.
Recalca Gervasio Sánchez que a los 34 años Mònica Bernabé decidió cambiar el curso de su vida. Involucrarse en contar el día a día de Afganistán. Y eso a pesar de que “su cobertura ha sido dinamitada por el Ministerio de Defensa de España. Ha pedido empotrarse con soldados americanos, ingleses o canadienses, y con todos encontró todo tipo de facilidades. Conviene recordar que empotrarse no es nada malo. Si no te empotras –como hizo Robert Capa - hay cosas que no puedes cubrir. Porque desde luego no te puedes empotrar con los talibanes. En cambio, desde el Ministerio de Defensa español se ha puesto en peligro su vida. Y no hablo de los militares, que estaban escandalizados, sino del Departamento de Información del Ministerio de Defensa, que han tenido un comportamiento vergonzoso. La Dirección de Información del Ministerio de Defensa ha sido un chiringuito para el ministro de Defensa de turno”.
Gervasio Sánchez se lanzó entonces a enumerar a ministros y jefes de prensa del ministerio que a su juicio han tenido una actitud deleznable con la prensa española en general y con Mònica Bernabé en particular: desde Federico Trillo a Carme Chacón, pasando por José Bono y José Antonio Alonso. Para todos ellos tuvo palabras nada complacientes, aunque las más erizadas se las llevó la ex ministra de Defensa, que en un viaje que hizo a Afganistán acompañada de periodistas desde Madrid dejó fuera de la base a la única acreditada en el país asiático. Mencionó Gervasio Sánchez, que lleva más de 25 años cubriendo conflictos y sobre todo posconflictos en todo el mundo, a los jefes de prensa de los distintos ministros del ramo, “una pandilla de impresentables que han hecho mucho daño a la misión militar y civil española en Afganistán. Lo que les ha interesado es hacer carrera política y quedar bien con sus jefes”. Sí contó Gervasio que algunos militares “se pasaron por el forro las órdenes de Madrid y permitieron a Mònica que entrara en la base y se aseara, y en alguna ocasión le dieron protección”. Pero siempre con todas las cautelas, no sea que se enteraran en Madrid. Sin embardo, desde que llegó a la presidencia del Gobierno Mariano Rajoy, y pasó a ocupar el Ministerio de Defensa “un antiguo vendedor de armas”, como se encargó de recordar Gervasio Sánchez, las cosas han cambiado. Para dar fe estaba en el acto de presentación deAfganistán. Crónica de una ficción, Joaquín Madina, nuevo responsable de información del ministerio desde enero. Y Mònica Bernabé lo ratificó. Los militares destacados en Afganistán habían recibido órdenes de abrir las puertas de sus bases a la periodista, permitirle que se empotrarse con ellos y prestarle apoyo y transporte aéreo cuando fuera posible. Mònica Bernabé lo agradeció públicamente, pero dijo: “Espero que su actitud no cambie cuando publique algo que no les guste”.

Pie de foto: Mònica Bernabé firma un ejemplar de su libro en Madrid, por Corina Arranz